Notre carnet de Voyage à Djibouti

08 décembre 2011

Le Somaliland

On entend souvent ce terme ici. Mais finalement, qu'est ce que réellement le Somaliland ?

C'est un pays qui, officiellement, n'existe pas. Le Somaliland est un ancien territoire britannique situé au nord-ouest de la Somalie dans la Corne de l'Afrique. Le 18 mai 1991, les clans du nord ont proclamé sonindépendance des régions administratives de Awdal, Togdheer, Sanaag, Saaxil, Sool et Woqooyi Galbeed. Ces régions sont situées entre l'Ethiopie et le Golfed'Aden.

Aujourd'hui, le pays de 137 600 km², compte 3 500 000 habitants. Il dispose de son armée, sa monnaie, son passeport. Il ne faut toutefois pas idéaliser la situation. En Somaliland, seul trois partis sont autorisés. Il y a l'Udub, le parti du fondateur de la République, aujourd'hui dirigé par Riyale Kahin. Face à lui, l'opposition est rassemblée dans le Kulmiye, menée par Ahmed Mohamed Silanyo. Au milieu se trouve le petit parti de Fayçal Ali Warabe : l'Ucid.

Mais, depuis l'indépendance décrétée unilatéralement en mai 1991, les Nations unies refusent de reconnaître ce territoire aride, séparé de facto du reste de la Somalie. Une nouvelle étape a pourtant été franchie en 2001 avec l'organisation d'un référendum constitutionnel sur l'indépendance du pays. Le référendum a eu lieu sur un projet de Constitution qui affirme l'indépendance de Somaliland de la Somalie comme un Etat séparé. Deux-tiers des électeurs admissibles ont participé au référendum et 97,1% d'entre eux ont voté en faveur de la constitution. Toutefois, le référendum a été opposée par le gouvernement de la Somalie et ne conduisent pas à un Etat reconnaissant l'indépendance du Somaliland.

Bien que ce pays ne soit reconnu par aucun gouvernement, il reste stable politiquement, grâce à la prépondérance des règles claniques, à la démocratisation et aux infrastructures économiques laissées par les Britanniques, les Russes et les programmes d'assistance militaire américains. Il reste pourtant dans une zone de tensions et en subit les effets collatéraux. En 2003, une vague d'assassinats, perpétrés par des tireurs non identifiés, toucha des étrangers. En 2008, c'est une série d'attentats qui frappa la capitale, Hargeisa. Le palais présidentiel, les bureaux du Programme des Nations unies pour le Développement, qui sert de siège pour d'autres agences de l'ONU sur place, et la représentation diplomatique d'Ethiopie, ont été visé.

La «capitale» du Somaliland est Hargeisa avec une population d'environ 400 000 habitants. Etrange situation: alors que la loi des armes règne toujours aujourd'hui à Mogadiscio, capitale ruinée d'une Somalie ravagée, la paix règne à Hargueisa, où les policiers ne portent plus d'armes et où les 150 000 fonctionnaires sont payés chaque mois par un Etat pourtant privé d'aide financière extérieure, faute de reconnaissance internationale.

«C'est aberrant. Le pays a réussi à imposer un système démocratique original. Et on s'y sent plus en sécurité que dans beaucoup de pays africains. C'est un pays pauvre, mais on n'y meurt pas de faim», explique Hugues Laurenge, qui a mené sur place une mission exploratoire pour Handicap International à l'automne 2001.

Mais les Nations unies ont des principes. Tous leurs efforts entrepris visent d'abord à sauver la «vraie» Somalie, malgré elle, s'il le faut. Treize conférences de paix y ont été organisées depuis 1991. La dernière a débouché, en août 2000, sur la constitution d'un gouvernement national de transition (GNT). A l'époque, contrairement à Mohammed Ibrahim Egal (1928-2002), le président du Somaliland, Abdoulkassim Salet Hassan, le président du GNT somalien est accueilli au sein des instances internationales. Mais il ne règne, au mieux, que sur la capitale, Mogadiscio.

Un article de Gérard Prunier duMonde Diplo, conclut en se demandant si le Somaliland parviendra un jour à émerger sur la scène internationale. La réponse, négative, s'explique par le nombre croissant d'opposants au territoire du Nord. De nombreux diplomates émettent également l'hypothèse selon laquelle une reconnaissance du Somaliland aggraveraient l'antagonisme régional pour le pays.M. Prunier termine en imaginant un statut intermédiaire, permettant au pays de percevoir des aides internationales et des avantages commerciaux. Par contre, le Kenya, l'Ouganda et l’Éthiopie pourraient être les premiers pays à le reconnaître comme étant un Etat, ouvrant ainsi la voie à sa reconnaissance internationale.

 

map_smland91

 

source: blog : le calame incisif

              wikipédia

Posté par Lilodin-Hyzkiel à 14:58 - Djibouti-ville et ses alentours - Commentaires [0] - Permalien [#]
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