Notre carnet de Voyage à Djibouti

23 septembre 2011

L'eau...

Aujourd'hui, alors qu'on est allé faire deux trois courses à la supérette du coin, un petit garçon s'est approché de moi, la main tendue. Ce n'est pas la première fois qu'on vient me demander de l'argent, pourtant, cette fois-ci, il y avait quelque chose de différent. Alors que je le regardais d'un air désolé et n'ayant aucune pièce sur moi, il a murmuré qu'il ne voulait pas d'argent... il voulait de l'eau. A ce moment, ce fut pire que tout, car pensant ne pas m'absenter longtemps, j'avais pas pris de bouteille... Je lui ai promis de lui en ramener une la prochaine fois.

A Djibouti comme dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne, le problème de pénurie d’eau est important. L’une de premières raisons est la croissance démographique. Ces pays qui voient leur population augmenter signifie que la consommation de l’eau augmente aussi. L'ONEAD (Office National des Eaux et de l’Assainissement de Djibouti) capte l’eau dans les nappes phréatiques, ce qui diminue la quantité d’eau.

Ensuite, à Djibouti zone désertique, l’eau est rare. Des oueds à sec le plus souvent, peu de sources et un manque de  précipitations. Enfin il n’y a aucune station d’épuration à Djibouti qui permettrait de recycler les eaux usées. Les coupures répétitives de l’électricité accentuent les pénuries d’eau. Les suppresseurs qui palient à une pression trop faible fonctionnent à l’électricité ! Le problème des nappes phréatiques est le même que celui des ressources naturelles d’eau. D’ailleurs, l’ONEAD en est conscient et approvisionne les habitants des quartiers les plus  touchés  avec des camions citernes qui ne suffisent  souvent pas à la population.

Fin 2009, en milieu urbain, seulement 41,4% des ménages disposaient d'un branchement d'eau individuel, 39,9% s'approvisionnaient auprès d'un voisin et 12,9% à une fontaine publique ou au camion citerne. La situation est particulièrement critique dans les quartiers périphériques pauvres, non couverts par le réseau et où l'eau est vendue par des transporteurs privés à des prix huit fois supérieurs au tarif appliqué à la distribution par réseau. Les risques de contamination bactériologiques sont élevés en raison de la dégradation avancée du réseau et de l'inefficacité de l'assainissement. Seulement 7,5% des ménages sont branchés au réseau d'égout, les autres disposent de latrines ou fosses septiques. Même pour ceux qui sont connectés au réseau et qui paient leur consommation en eau selon le système de l’aquamètre, l’eau ne coule que de manière sporadique, souvent moins de deux heures par jour, et tout au mieux pas plus de cinq heures. Les prix sont relativement élevés et les stations «stand pipe» très répandus en Afrique n’existent pas en République de Djibouti. Ce manque a pour effet de provoquer une ruée vers l’eau dans la panique, une accumulation de conteneurs remplis d’eau, et le développement d’un secteur de transport en camion citerne très onéreux, réel frein à la croissance.

Enfin, encore une des conséquences néfastes résultant de la mauvaise gestion de ce secteur est le niveau élevé des connections illégales, de la tricherie sur l’exploitation des aquamètres, et du non-paiement chronique des consommations.

Le secteur de l’eau est dirigé par une société d’état, de type Régie Autonome, aux comptes obscurs et rongée par la corruption.


Et même si on ne leur donne pas de l'eau minéral, les djiboutiens, quels qu'ils soient, acceptent toujours une bouteille provenant juste du robinet. Depuis cette histoire avec ce petit garçon, que je n'ai pas encore revu, j'ai toujours une bouteille fraîche à donner.

Posté par Lilodin-Hyzkiel à 17:32 - Djibouti et ses conditions de vie - Commentaires [0] - Permalien [#]
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